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Uriel
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Une visite de la Garde Episcopale

le Mar 9 Juin - 19:46
[Compiègne en Champagne]

Voici déjà plusieurs jours qu'ils étaient stationnés dans la ville de Compiègne.
Des semaines qu'ils étaient éloignés de leur famille, de leurs amis, ayant laissé à l'abandon champs et ateliers ... le tout pour la Plus Grande Gloire de Dieu.
Aucun sacrifice n'était trop grand au service du Très-Haut.

La brume matinale se dissipait peu à peu dans les rayons du soleil d'un jour nouveau lorsqu'un cavalier se présenta, porteur de deux missives cachetées au sceau de la Duchesse d'Herbéviller. L'une fut remise au Vidame de Trêves, Monseigneur Frédéric-Guillaume Von Frayner, tandis que la deuxième finit sa course dans les mains du Major Uriel.

Ce dernier s'isola un instant pour lire cette longue lettre empreinte de tant d'émotions, puis il se dirigea vers la tente de son supérieur et ami ...
Il demanda la permission d'entrer et s'adressa à l'homme ...

Il va falloir faire vite, mon ami, on va être en retard.aux fiançailles de ton frère Arman.

Fedy, qui était en train de lire sa propre lettre, parût surpris.

Euh oui ... je viens de recevoir un pli de la même origine que toi ... Sa Grâce Sybille souhaite être accompagnée à une cérémonie par un ami qu'elle estime excellent : ... et c'est moi ...

Un sourire éclaira son visage, tandis que son coeur battait la chamade.
Comme à son habitude, Frédéric n'en demanda pas plus et se contenta d'un "Ah bon ! Et bien, allons chercher Choupi et ne traînons pas ... en route.".

Le Major se mit au garde à vous et rétorqua :

A vos ordres, Monseigneur ...
...au fait Fedy, sur la route, il faudra que je t'explique un truc, mon vieux ...


Il s'amusait souvent de l'appeler de la sorte, bien qu'il fût lui-même l'ainé de quelques années.

Ils laissèrent les consignes aux hommes et préparèrent leurs cheveux. Ayant enfilé leurs uniformes les plus propres et leurs bottes les plus brillantes, ils étaient fin prêts à traverser la campagne champenoise.
Les paysages défilaient, tandis que leurs montures galopaient à fière allure.


[Baronnie de Villemaur]

Arrivés enfin en vue du Domaine de Villemaur, le Major prit un peu d'avance et se dirigea vers l'entrée.


Bien le bonjour,

Je suis le Major Uriel, de la Garde Episcopale de Trèves, j'accompagne Monseigneur Frédéric-Guillaume Von Frayner et le Lieutenant Choupinette.
Nous venons pour assister ... aux fiançailles ...


Il regarda en arrière pour voir si les tourtereaux suivaient ...
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Frederic Von Frayner
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Mer 10 Juin - 8:09
[Compiègne en Champagne]

Frédéric venait de retrouver son petit frère à son arrivée en Champagne. Retrouvailles inespérées après tant d'années sans nouvelles depuis sa disparition.
Comment le jeune vidame aurait il pu imaginer qu'il allait le revoir si vite et pour ses fiançailles ?

Uriel entra dans la tente pour lui annoncer qu'il était également invité et par sa soeur de surcroit.

Ah bon ! Et bien, allons chercher Choupi et ne traînons pas ... en route.

Frédéric récupéra gants, mantel aux couleurs de la garde et son épée.
Uriel rajouta :
A vos ordres, Monseigneur ...
...au fait Fedy, sur la route, il faudra que je t'explique un truc, mon vieux ..


Il le regarda intrigué et le suivit.
Choupi fut prévenue et elle se joignit à eux avec un immense plaisir.
Fedy et elle ne se quittaient plus, profitant de chaque minute avant leur retour à Verdun et leur prochaine séparation.


[Baronnie de Villemaur]

A l'approche de la Baronnie, Uriel avait pris la tête de leur groupe et pressait sa monture.
Frédéric en riait.
Il comprenait tout à fait son empressement surtout après ce qu'il venait de lui confier.

Il pensa à sa famille. Ils allaient peut être enfin tous être réunis. Il ne manquerait que leur père, paix à son âme.

Le jeune gouverneur passa sa main dans ses cheveux comme si, par ce geste, il voulait effacer ses tristes pensées.
Aujourd'hui était un jour de liesse et on allait se retrouver, s'amuser et fêter l'évènement.

Mais déjà Uriel les annonçait.
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Uriel
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Ven 12 Juin - 9:52
[Baronnie de Villemaur]

Enfin !

C'était le premier mot qui lui venait à l'esprit.
Toujours sur son cheval, il regarda la bâtisse et la Grand Cour, où de nombreuses personnes s'afféraient.
Un rapide coup d'oeil aux carosses lui permit de repérer les armoiries qu'il espérait tant voir ... celles de la Duchesse d'Herbéviller. Oui ... Elle était là ... à cette seule pensée, son coeur s'accéléra alors qu'un sourire involontaire illuminait son visage.
Sans s'en rendre compte, il plissa les yeux, puis se redressa sur sa monture afin de scruter l'assemblée, espérant apercevoir au milieu de cette foule celle qui lui causait tant d'émoi ...

Cela faisait si longtemps qu'il l'avait vu, si longtemps qu'il n'avait pu plonger son regard dans le sien pour y contempler l'infinie éternité.
Baissant les yeux, il regarda ses mains, encore emplies du souvenir de la douceur de celles de la jeune fille.

Rêveur, il repensa à la dernière fois qu'il avait quitté Herbéviller, au moment où il était complètement perdu, confronté à un choix qui se profilait à l'horizon tels les nuages d'un orage annoncé depuis plusieurs semaines.
La fuite en avant n'avait pas été salutaire, il le savait, et tôt ou tard il devrait l'affronter, s'arrêter et combattre les éléments, se soumettre au tonnerre, aux éclairs et laisser la pluie purificatrice apaiser son âme.
Le Diacre Itinérant s'était alors réfugié dans la protection sa Foi, mais son bouclier cédait peu à peu, bien incapable de résister aux assauts de l'Amour qui l'attirait inexorablement depuis tant de temps.
Appelé en Champagne par la Garde Episcopale, son éloignement de la Lorraine lui avait permis de laisser faire ce choix qui s'imposait inexorablement à lui.

Pour la première fois, il ressentait le temps comme une pulsation cardiaque, ses échos résonnant à ses tempes comme les tambours de la bataille à venir.
Devant lui, cette armée d'ombres, toutes prêtes à le juger, à lui reprocher ses actes prochains. Un mal pour un bien, lui avait-on dit.
Poussé dans ses dernier retranchements, il se décida enfin à affronter son destin, il abandonna armes et armures et s'en alla face à lui, armé de sa seule Foi et des Valeurs Aristotéliciennes.
Fort de celles-ci, il osa enfin relever la tête et partager son désarroi avec ses proches, Choupinette et Frédéric ; les courriers échangés avec Sybille lui octroyant une énergie nouvelle et une force sans égal : l'Amour était son Bouclier et la droiture son Fer de Lance.
Le combat fut finalement court et il fut touché, comme il s'y attendait, et sa blessure était grande et profonde ; ainsi, seul le temps et la compassion que pourrait lui apporter la jeune fille lui permettrait de déployer ses ailes et enfin, d'un élan, traverser les ombres et les nuages, être ébloui par sa lumière pour enfin toucher l'Etoile.

Il secoua la tête, revenant peu à peu à la réalité de cette journée.
Le temps s'annonçait clément et un léger vent soufflait dans ses cheveux blonds comme la paille prête à être ramassée.
L'impatience le gagnait légèrement, car approchait le moment où il pourrait la contempler ... enfin ...


Dernière édition par Uriel le Ven 12 Juin - 19:06, édité 3 fois
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tristan
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Ven 12 Juin - 12:34
le grand balai des carosses ne s'arreter plus dans la grande cour.Une douce agitation de balai de lads et de heraut dans tout les sens le fit sourire fier d'eux. il etait desormais sa seconde famille. Cette maison qui faisait sa fierté et son bonheur.

La visite de sa soeur a villemor avait vite pansé ses blessures, heureux d'enfin la retrouvée. Les discussions et confidences allait bon train, un seul bemol qui etait donc son mysterieux invité? il l'a savez atteinte par les derniers evenements qui avait vu ses fiancailles annulé. Decidement les plantegenet etait plein de ressources.......

il allait remonter dans ses appartement pour revetir l'habilt de lumiere, jetant un dernier regard sur la cour souriant. a peine eu t'il de temps de penetré dans le grand hall qu'il fut interpellé par anthelme, une peitite moue s'afficha sur son visage, decidement il ne parviendrais pas a prend quelques instant pour lui.

maitre! la garde espiscopale est ici........

Un grand eclat de rire raisonna alors dans l'entrée

la garde espiscopale? quel honneur! sourire va faire prevenir ma soeur que notre frere est arrivé!

il s'en retourna donc vers la cour pour la enieme fois de la journée. il pressa le pas s'avancant vers eux affichant un large sourire

bienvenue a villemor! mon frere,c'est un honneur pour moi que tu es fait deplacé la garde! j'espere que le voyage c'est bien passé! les jardins vous sont ouvert ! si vous voulez vous y restauré avant la ceremonie

apres une accolade a son frere, il salua le lieutenant et le major jetant un regard intrigué sur celui ci. serais ce lui le mysterieux invité?
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Frederic Von Frayner
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Ven 12 Juin - 22:32
Que de remue ménage dans cette cour.
Et parmi tout ce brouhaha, Frédéric vit la silhouette de son frère qui se frayait jusqu'à eux.
Il sauta à terre et lachant les rênes de sa jument, s'avança vers son jeune frère Arman.

bienvenue a villemor! mon frere,c'est un honneur pour moi que tu es fait deplacé la garde! j'espere que le voyage c'est bien passé! les jardins vous sont ouvert ! si vous voulez vous y restauré avant la ceremonie

Heureux de te revoir Arman....
Il allait le serrer fraternellement et avec force entre ses bras mais il se retint à temps ayant appris que son frère avait été blessé sur la route.
Il lui fit une accolade "légère" puis se recula.

Comment vas tu Arman ?

Il l'examina minutieusement un instant mais sa jument le poussa de la tête.
Il se tourna et vit Choupi et Uriel qui se tenaient derrière lui patientant.

Oh !
Hummm....
Laisse moi te présenter le capitaine Choupinette des Alpilles, dame d'hudiviller, ma promise....
Et.....
Mon meilleur ami et pas que le mien....

Il fit un clin d'oeil appuyé vers Uriel qui regardait dans une autre direction et se tourna vers lui subitement.
.... le major Uriel, diacre et bien d'autres choses encore.
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tristan
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Ven 12 Juin - 23:13
un bref sourire ponctua la retenue de son frere. heureux de le revoir son visage tendu se descrispa pour laisser la place au bonheur de ses retrouvailles.

moi aussi heureux de te revoir!....je vais bien!........ je loue tous les jours le tres haut de m'avoir laisser en vie! je loue egalement les competences de la medicastre qui a su me tiré de ce facheux evenements qui aurait pu m'ommobiliisé plus longuement!

quand il lui presenta sa promise il s'avanca vers elle, s'inclinant legerement prenant la liberté de lui faire un baise main en souriant de nouveau

euh...... capitaine..... ma chere future belle soeur....... c'est un plaisir de vous rencontrez! j'ai souvent entendu parlais de vous j'avais hate de faire vostre connaiscance

puis se retourna une nouvelle fois vers le major quand il vit le clin d'oeil

bienvenue a vous! les portes de villemor sont ouvert a tous et encore plus au amis de mon frere!

apres un moment d'hesitation il reprit

ne seriez vous pas l'invité egalement d'une personne qui est egalement tres chere a mes yeux!

il retint un eclat de rire en repensant au mystere que laisser planer sa soeur a ce sujet
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Uriel
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Ven 12 Juin - 23:48
Alors que Fedy s'avançait avec Choupi, Uriel se mit un peu en retrait lorsqu'arriva le maître de lieux.

Il s'inclina et lui rendit un salut silencieux.

Le Diacre sourit alors à la remarque de son ami ... c'est vrai ... que n'avaient-ils partagé ensemble ?
De nombreuses joies, mais aussi des peines, se soutenant mutuellement, ils se comprenaient comme si ils s'étaient connus depuis longtemps ...

Uriel se rappela les batailles à grand coup de seau d'eau dans les écuries de le Garde, les soirées en taverne, les interrogations de l'un l'autre ...
Il n'y avait pas de secret entre eux.

Et il en était de même pour Choupi.

bienvenue a vous! les portes de villemor sont ouvert a tous et encore plus au amis de mon frère!
ne seriez vous pas l'invité également d'un personne qui est également tres chère a mes yeux!


Il s'inclina à nouveau.


Je vous remercie de m'accueillir, Sire Arman,

c'est grand plaisir pour moi de vous rencontrer en ces lieux et en ce magnifique jour ; puisse-t-il vous apporter, ainsi qu'à votre future fiancée, tout le bonheur que vous souhaitiez sous l'oeil avisé du Très-Haut.

Et bien ... euh ... en fait ... c'est à dire ... enfin ... oui ...
... il est vrai qu'il est un peu cavalier de ma part d'être venu de la sorte sans être vraiment sur la liste officielle des invités, et je vous présente mes plus sincères excuses.
... et il est de fait exact que j'ai fait route sur invitation de votre soeur Syb... Sa Grâce Sybille.


Gardant une certaine contenance, il parvenait à maîtriser ses émotions, pourtant à fleur de peau.
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Sybille_Von_Frayner
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Sam 13 Juin - 20:23
[Dans ses appartements, le temps de son séjour en Villemor...]

Sybille congédia la jeune domestique qui l'avait aidée à s'apprêter de longues heures durant en vue des fiançailles de son frère. Non que la duchesse fut capricieuse. Mais elle était ailleurs, absente, absorbée par ses pensées. Plusieurs fois, la jeune fille avait dû réitérer les mêmes questions. Elle avait une patience d'ange et Sybille en était pleinement consciente. Elle lui remit d'ailleurs, avant qu'elle ne quitte ses appartements, quelques piécettes, non sans la gratifier d'un sourire.

- Merci pour vos bons services...

Quand la porte se fut refermée sur la jeune fille, Sybille prit place devant le miroir de la coiffeuse. Elle observait son image sans réellement la voir...

Ces derniers jours avaient été riches en évènements. Retrouver son jeune frère avait profondément émue la jeune femme. Et faire la connaissance de sa future épouse l'avait quelque peu déstabilsée. C'est qu'elle avait en tête le souvenir d'un jeune homme célibataire. Voilà qu'elle le retrouvait à présent, engagé, tout prêt à se marier. Que de changements soudains au sein de cette famille si chère à son coeur !

Elle prit doucement sur le meuble une chaîne en or sur laquelle se balançait une médaille représentant Christos. Le cadeau de Choupinette pour son baptême... Elle regarda de nouveau son reflet, ôta son fastueux collier, pour finalement le remplacer par ce bijoux, simple, mais particulièrement précieux à ses yeux.

Bientôt les invités arriveraient. Elle savait qu'en l'espace de quelques heures à peine, elle retrouverait de nombreux êtres chers, tous trop longtemps éloignés, tous trop souvent espérés... Joie et incertitude... Accomplissement d'un moment tant désiré. Si désiré qu'il en devenait presque angoissant...

Sa mère, son Chlodwig, sa très chère amie Zya dont elle avait su la vielle à peine qu'elle viendrait très certainement, son autre, sa vassale tant estimée et... son ange... Celui qui lui donnait des ailes... Elle esquissa un sourire rien qu'à l'imaginer auprès d'elle...

Elle reverrait aussi trés certainement des personnes plus éloignées, mais de ses connaissances, et dont elle serait ravie d'avoir des nouvelles.

Sursaut soudain. On venait de frapper à la porte... Elle autorisa l'entrée d'un Anthelme écheveulé, visiblement très affairé à la réception qui allait débuter.


- Grand Dieu !

Elle se leva d'un bon.

- Le temps passe si vite ! Quelle heure est-il ?

Anthelme de lui répondre, encore légèrement essouflé :

- Vôtre Grâce, Sire Tristan m'envoie vous prévenir que la Garde Episcopale est arrivée ainsi que votre mère et votre frère. Ne vous inquiétez pas. Les invités arrivent encore. Vous n'êtes pas en retard.

Son coeur se mit à battre la chamade. Elle déglutit tout en prenant une profonde inspiration. Pour sûre, elle était impressionnée, mais toute à la fois heureuse. Elle sourit au domestique, lissa les plis de sa robe de brocart et expira doucement. Sur un ton enjoué...

- Bien... Le moment est venu de tous les revoir. Je vous remercie Anthelme. En cet instant, vous êtes mon Archange Gabriel...

Il fronça les sourcils, un tantinet perplexe. Cela ne manqua pas d'amuser Sybille qui rit doucement.

Elle avait bien du mal à dissimuler l'émotion dans sa voix. Mais en vérité c'est un trac bénéfique qui s'était emparé d'elle. Elle était heureuse, impatiente... Pourvu que tout aille bien... Elle ferma les yeux une seconde, prit le temps de se poser puis se décida enfin. Direction, le parvis du château. Et en filigrane, toujours la même image, le même visage, Uriel... Il l'accompagnait où qu'elle aille... Elle vibrait d'émoi à l'idée de le revoir.

Ses pas la guidèrent à travers l'immense bâtisse et, enfin, elle mit le nez dehors. Un soleil radieux vint lui taquiner le visage. Elle sentit sa douce chaleur sur sa peau de porcelaine. Léger sourire... Regard circulaire... Et là, à quelques dizaines de mètres à peine, cavaliers et cavalière en costume de la Garde... Le sol était-il en train de se dérober sous ses pieds ? Elle n'aurait su le dire. Il était là, de toute sa stature, fier... si beau, si pur... son ange... son gardien... son amour...
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Uriel
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Dim 14 Juin - 9:35
A peine accueillis par Arman que déjà deux palefreniers venaient chercher les chevaux pour les porter aux écuries.
Décidément, le service à Villemaur était hors pair.

Il s'en serait bien occupé lui-même des montures, mais cela aurait été disconvenant face au maître des lieux.

Le Major démonta et tendit les rênes de son vieux Jax au garçon d'écurie.
Ayant salué le futur fiancé, il s'inclina à nouveau, comme pour le remercier silencieusement d'un si courtois accueil ; et tandis qu'il regardait les chevaux s'éloigner, là, dans la Grand Cour, son oeil attentif vint se poser une silhouette qu'il attendait de contempler depuis si longtemps : Sybille.

Et comme le tableau d'un grand maître sur lequel une averse serait tombée, toutes les couleurs coulèrent et devinrent ternes, pour ne plus finalement être que des nuances de gris : le vert des arbres n'existait plus, et ces légères taches éparses n'étaient plus que les ersatz des fleurs magnifiques du jardin.
Le chant des oiseaux se fit lointain et les mouvements parurent ralentis, il avait l'impression qu'il était un élément perdu au milieu d'un décor fantastique, tant le monde autour de lui perdait de son importance.
Dans ce paysage irréel, un seul élément attirait son regard, une étoile brillante au coeur de la nuit : son astre d'Amour.

Dans cette vision fugace et chimérique, elle seule avait gardé toute sa réalité et sa splendeur naturelle, elle était l'arc-en-ciel qui descendait des cieux pour l'emmener au Paradis Solaire, comme lors de la chute d'Oanylone, lorsque les Sept Justes furent emportés par Dieu.
L'instant était magique et, comme attiré inexorablement par le chant d'une séduisante sirène, il se tourna vers elle et commença à faire quelques pas dans sa direction, tendant légèrement les bras et tournant insensiblement ses paumes vers le haut afin de pouvoir cueillir les siennes dès qu'elles seraient à portée.

Alors, il le savait, le temps reprendrait sa course, le sable se remettrait à couler et leurs coeurs reprendraient leur battement, tels les tambours du rythme de l'existence.
Ils se sentiraient vivants et heureux de l'être.

Aujourd'hui, à mesure de l'écoulement de ces instants, il continuait sa route.
Un voyage débuté depuis un temps incertain, ses pas l'ayant porté au gré du destin, un périple dans l'existence, soutenu par la Foi et par l'Amitié.
Les doutes qui l'habitaient le faisaient parfois s'arrêter comme perdu dans les brumes au milieu d'une lande sans fin, mais sans cesse, il recherchait la Lumière, attendant que l'aube naissante de sa vie dissipe peu à peu les nuages de la destinée.
Alors ils étaient tous là - ses amis -, tout près et ils se laissaient baigner par cette chaleur naissante, apaisant les souffrances et réchauffant les âmes.
Il appartenait à chacun de prendre et de porter le flambeau pour être à la fois guide et messager d'un monde qu'ils voulaient meilleurs.
Cette espérance leur était permise, si tant est que Dieu souhaita leur accorder, et son Espoir à lui, son Étoile, se situait juste à quelques pas ...
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Sybille_Von_Frayner
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Lun 15 Juin - 11:36
Il l'avait vue et déjà il se tournait vers elle, l'approchant doucement, d'un pas lent et posé. Son attitude parlait d'elle-même. Bras ouverts, Paumes offertes, comme une invitation au voyage...

"Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes."


Un sourire illumina le visage de Sybille. Un sourire incontrôlable, de ceux qui naissent sans qu'on les provoque, de ceux qui traduisent un sentiment profond, un bonheur intense...

Regard étincelant... Il lui avait tant manqué. Combien de fois avait-elle relu ses lettres ? Combien de fois avait-elle humé les précieux vélins tentant de retenir en elle un peu de son être...


Promesse...

"Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale."


Elle descendit sans même s'en rendre compte les quelques marches du perron sur lesquelles elle se trouvait encore perchée. A son tour, elle fit quelques pas à sa rencontre, le regard rivé au sien. Pas un mot... Nul besoin de parler…

Il vint enfin le moment où ses doigts fins entrèrent en contact avec les siens. Où leurs mains se joignirent et où leurs deux cœurs, de concert, se mirent à battre ensembles au même rythme entêtant.

Elle serra fort les mains sur les siennes à défaut de ne pouvoir l’étreindre… La bienséance… Souffle coupé l’espace d’un instant… Béate contemplation… Et n’y tenant plus, sa joue entra en contact avec la sienne, un baiser pudique mais non moins intense et profond…


Ailleurs…

"Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière."

Elle ferma les yeux le temps de ce baiser qui dura plus que de raison ; qui à lui seul, et même sans geste significatif, dénotait un attachement profond, puissant et sincère… Dieu qu’il fallait être niais pour ne pas voir à quel point ces deux là, même désireux de respecter les convenances, s’aimaient à loisir, s'aimaient à en mourir...


[HRP : Strophes empruntées à l'illustrissime Charles Baudelaire]
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Uriel
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Lun 15 Juin - 13:11
Les dernières secondes lui parurent durer des heures et quand finalement les doigts fins et lisses de la jeune fille entrèrent en contact avec les siens, le temps si figea, une fraction de seconde.
Un instant pendant lequel il plongea son regard dans le sien pour s'y noyer, tel un ange tombé du Paradis tombant dans un océan d'éternité.

Les rouages de la grande mécanique Divine se remirent en route, tous les engrenages repartirant dans leur mouvement perpétuel et parfait.
Il referma légerement les doigts comme si cette légère pression allait l'empêcher de partir à jamais.

Instinctivement, Uriel baissa la tête pour la diriger vers celle de Sybille, il sentait presque ses lèvres au goût de miel et aux couleurs des roses, mais les convenances se rappelant à eux, il se détourna au dernier moment pour n'effleurer sa joue qu'on aurait cru polie comme le marbre tant elle était douce.


Comme tu m'as manqué ... mon amour ...

A regret, il éloigna alors son visage du sien ; ce frôlement avait duré bien trop longtemps pour des yeux avisés, mais qui y prenait garde ?

Se redressant, tenant toujours les mains de la damoiselle dans les siennes, il la contempla, s'imprégiant à nouveau de son image, de son regard qui lui murmurait silencieusement tant de choses.
Il entendait les déclarations muettes qu'elle prononçait ; ce lien invsible depuis si longtemps tissé, depuis leur première rencontre, évoluait chaque jour qui passait vers son accomplissement.

Inspirant, il prit enfin la parole pour tomber dans une banalité affligeante, mais il fallait bien passer par là pour préserver le peu d'apparences qu'il restait à sauver ...


Bonjour Sybille, je suis fort heureux de t... de vous revoir, en vérité.

Permettez-moi de vous remercier pour votre invitation en ces lieux charmeurs où il semblerait que ... l'amour batte son plein.
J'espère que ma visite in...opportune ne dérangera personne mais je suis néanmoins ravi d'être à ce jour à vous côtés.

J'ai tant de choses à vous raconter et à vous conter ... et j'apperçois là-bas un jardin fort approprié pour ce faire.
Avec votre permission, m'y accompagnerez-vous ?


Comme une une invitation lancée, il desserra les doigts et lâcha ses mains en soupirant, puis tendit le bras comme pour l'accompagner dans ce paysage presque idyllique ...
choupinette des Alpilles
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Mar 16 Juin - 8:36
Choupi était restée quelque peu silencieuse tout au long du voyage laissant les deux jeunes hommes faire la conversation ,elle fut heureuse qu'Uriel partage son secret avec Fedy après tout cela le concernait aussi .

Puis ils firent leur entrée dans le domaine du petit frère de Fedy,merveilleux domaine ,elle resta attentive aux mouvements de la troupe ,bien que son esprit soit occupé à autre chose ,mais elle préféra ne rien dire à Fedy car depuis peu ,elle n'avait plus à se plaindre tant il était prévenant envers elle .

Elle sourit voyant Uriel laisser ses yeux parcourir la cour ,mais déjà le jeune Arman les rejoignait et il s'inclina devant elle,lui baisant la main ,mais Choupi vit bien qu'il était intrigué par Uriel et rit doucement .


Les chevaux furent emmenés aux écuries et Choupi s'approcha de son tendre amour ,lui soufflant doucement à l'oreille :

Allons nous restaurer ,nous saluerons Sybille après si tu le veux bien ,laissons leur le temps de se retrouver .

Elle lui adressa un sourire tendre et le prit par le bras.
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Frederic Von Frayner
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

le Mer 17 Juin - 17:54
Fedy s'était mis en retrait laissant Arman et Uriel faire connaissance.
Il vit apparaitre sa soeur sur le perron de la demeure.
Elle n'avait d'yeux que pour Uriel et l'inverse était réciproque quand son ami l'aperçut.
Pas un regard pour lui !
Il en était peiné et il eut l'espace d'une seconde un sentiment violent de jalousie qui le traversa mais qui disparut aussi vite qu'il était venu.
L'instant d'après, il comprit ce qu'ils pouvaient ressentir à cet instant, après tant de temps sans se voir ayant échangé que par messages.

Uriel était son meilleur ami. Comment pouvait il être jaloux de lui ?
Mais le lien qui l'unissait à sa soeur jumelle était si fort qu'il avait du mal à imaginer pouvoir la partager avec un autre.
Heureusement que la vie les avait éloignés l'un de l'autre car Fedy savait qu'il aurait pu être détestable avec ceux qui tournaient autour de son "autre".
Cet éloignement était également bénéfique pour Choupinette. Il savait que parfois elle avait du mal à comprendre les sentiments qui le liaient à sa soeur, qu'elle se sentait mise de côté, qu'elle en souffrait.
Il en était désolé, tentant toujours de la rassurer.

Au moment ou Choupi s'approcha, lui murmurant quelques mots à l'oreille, Frédéric pensait qu'il saluerait sa soeur un peu plus tard.
Il sourit regardant sa bien aimée qui avait eu la même idée que lui.
Elle lui prit le bras.
Il se pencha vers elle.


Oui laissons leur le temps.....

Il posa la main sur la sienne en une douce caresse et ils se rendirent du côté des jardins.
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Re: Une visite de la Garde Episcopale

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